Christos Roumeliotakis

Estranger je suis
et autres poèmes

nssooio-nioiaeeuoueco1.jpg
Titre original :
Ξένος ειμί και άλλα ποιήματα,
Athènes, Τυπωθήτω – Λάλον ύδωρ, 2002

Τraduit du grec par Clio Mavroeidakos – Muller

À Barbara

POST – SCRIPTUM

Que chacun désormais
étende sa propre mer,
qu’il nʼ attende pas dʼ autre mer;
que chacun désormais
ouvre ses propres outres,
il nʼy aura pas dʼ autre vent;
et que faire désormais des clairons.
maintenant que la guerre est finie.

DE LA POUDRE, OU CʼEST LA FIN
Un détail de la vie du capitaine Lycurgue Logothètis
et une proposition de lʼ auteur sur ce quʼil faut faire

Quelque part, au fond de mon esprit,
il y a la vie et les exploits
du Chef Lycurgue Logothètis,
telle que souvent ces années-là
me les racontait
mon ami Alexis S.
des Sarrazins.

Mais ce soir, je ne vais pas scruter
sa vie et ses exploits –
d’ailleurs tout ça est consigné par lʼhistoire;
je ne dirai, et jʼen aurai fini,
qu’un détail qui me semble
pouvoir éclairer un peu
notre vie.

De partout, dit-on, le cernaient les ennemis
il nʼavait ni pain ni eau
et ses jours,
ses heures peut-être, étaient comptés.

Que j’ ouvre ici une parenthèse
pour dire que dans notre vie
arrive un jour
où l’on est obligé de prendre des décisions
vitales autant pour nous
que pour ceux qui sur nous comptent –
alors, il ne sert à rien de bavarder,
quelques mots seulement, un hochement de la tête,
cʼest ce qui convient.

Cʼetait un instant sans pitié,
il a compté les siens, les ennemis,
le printemps âpre,
prit un crayon et une feuille et a tracé (le message).

De la poudre, ou cʼest la fin

rien dʼautre.

En cet instant je lʼimagine
Qui écrit et qui signe lʼécrit
Et comme un lion son âme qui rugit
De la poudre, ou cʼest la fin
rien dʼautre.

De la poudre, donc, mes Frères, de la poudre
et la Grande Pitié.

ADDENDUM

Et encore ceci, pour éviter dʼavoir du chagrin
comme les autres,
ceux qui nʼont pas dʼespoir :
ce furent les grecs qui, ayant plus tard perdu leur courage,
lʼont déclaré exclu
et inacceptable à la patrie
et lʼont banni,
selon leur habitude séculaire.

Ah, oui, et un chien et un chardonneret
et un honnête accord avec la mort.

ORESTE

Lʼété est fini
lʼautomne nʼest pas encore venu
et les jours sont comme une toile dʼaraignée
se resserrent – se resserrent,
et comme la nuit avance et je le vois
mon esprit de nouveau sʼen retourne au passé,
aux parce que, aux cʼest pourquoi,
aux prémisses majeures et mineures;
mais avant tout, cʼest à mes amis quʼil revient;
cʼétait au printemps,
cʼétait en été,
le thym embaumait lʼAttique
et nous galopions à travers lʼoliveraie, vers la mer,
vers lʼici-bas et vers lʼau-delà.

Lʼété est fini
lʼautomne nʼest pas encore venu
et toute la vie est suspendue à un vers.

Électre, que nʼai-je un fils,
quʼil grandisse, quʼil mûrisse,
quʼil venge cet après-midi-ci.

ESTRANGER JE SUIS
À Tassos Capernaros

Estranger je suis et mercenaire –
à chaque virage où je vois la mer,
je le ressens.

Toute la journée je me bats en lieu étranger,
le soir, sous la lampe à huile,
alors que me gagne la nostalgie du pays
je rédige mon Anabase.

Estranger je suis et mercenaire –
si vous la lisez, soyez indulgents :
de mon temps
il nʼy avait pas dʼautre façon de mourir.

SEUL ORESTE
À Irini Dagla

Je le vois maintenant,
comme je fouille encore et encore le même roman,
les personnages changent de place sans cesse,
ils viennent, s’en vont, reviennent,
se retirent –
seul Oreste démeure immobile
dans des caves grillées et des assemblées
sans eau, sans pain,
sans couteau,
quelque page de ma vie que je tourne.

Andros, 06/08/2001

PROFESSEUR

Ch. K.T., quarante ans, chargé de cours,
spécialiste du droit de la concurrence
et du droit du sauvetage en mer.
Une maison dans les beaux quartiers,
une maison en bord de mer,
un bateau de plaisance
ou bien une triple condamnation à mort,
comme dans la plaidoirie prophétique du Procureur,
vingt ans auparavant,
quand, tout illuminés, les bateaux sifflaient dans le port.

JE NE Lʼ ESPERAIS PAS
Référence à Dionysios Solomos

Je dénombre mes poèmes un à un,
mais le compte nʼy est pas ;
où est la beauté
la douceur du monde,
où sont les garçons émoussant la mort
dans Missolonghi assiégée.

Je ne lʼespérais pas, que chaque matin
jʼaurais à voler ma vie
pour vivre.

LES OISEAUX
À Ilias Kèfalas

Mon poème de cette année,
comme celui de l’ année dernière et celui de l’ année dʼavant;
la même mer,
les mêmes visages, à la même place.
Seuls ces oiseaux
cette année sont descendus plus bas,
plus bas,
jusquʼaux portes des enclos
quʼils piquent avec leurs becs.

LE CHIEN

On me dit de prendre un chien –
bon chien et garde.
À quoi bon le prendre aujourd’hui,
puisque, tu le sais,
il hurlera à nouveau toute la nuit
et à l’aube les gendarmes viendront
prendre ton père.

KURDES

Kurdes ou Kudres,
Parfois ma langue sʼemmêle ;
mais le soir,
lorsque sur la ville sʼétend le silence,
et que les grillons de mon jardin
viennent sʼinstaller dans mon esprit,
mon âme en armes
escalade vos montagnes
et tire des coups de fusil
pour votre liberté qui voit le jour
et pour ma vie de chien
qui demain à nouveau se lève.

LES ÉVÉNEMENTS DʼORLOV
À Dimitris Kanellopoulos

Quelle vie,
à changer de nom tous les jours,
à transporter de faux papiers
et pour quelle raison.

Tantôt musicien itinérant,
Tantôt notaire ou clerc
et pour quelle raison.

Tout me revient à lʼ esprit,
les routes, la prophétie,
les catacombes

les années dʼavant les Orlov,*
vertes, qui embaument à jamais,
quand il y avait une raison.

______________
* D’ après une “prophétie” du 18ème siècle les esclaves grecs seraient liberés par les homodoxes russes, “la race blonde”. La prophétie et les espoirs ont été déméntis quand en 1770 les frères Orlov, ont poussé les grecs à se révolter et ensuite les ont abandonés, de sorte que les turcs les ont massacrés.

LES SENTIERS DE LA MÉMOIRE

Sentiers de la mémoire glacée,
parlez ce soir de Nikos Païras
et de sa vie;
pourquoi il sʼest battu, pourquoi il a été vaincu.

A un certain moment il est en poste de convalescence,
après il disparaît.

Et de Yannis Petsas,
cinquante ans,
qui se traîne aux cafés de Verria,
vendeur ambulant de billets de loterie,
avec une carte dʼétudiant en première année de droit,
jaunie.

Et des autres,
ceux qui ne viennent que la nuit;
pourquoi ils se sont battus, pourquoi ils ont été vaincus.

Et moi, qui ne me suis pas battu, qui suis-je
Et que cherché-je dans cette rapsodie des vaincus.

RÊVE DEʼ88

Cette nuit, mon père est venu
mʼappeler;
jʼapprends des choses, me dit-il,
et jʼai peur;
tu dois payer ton loyer, tes charges
et le reste,
comme convenu.
Mais père, lui dis-je,
ce nʼest pas chez moi, ici, cʼest la prison,
ne le vois-tu pas?
et ceci nʼest pas le robinet qui fuit,
mais cʼest ma vie
qui se vide goute à goute.
Je le sais, me dit-il,
mais toi aussi tu le savais et tu as tout de même signé,
alors, tu dois maintenant payer,
comme nous tous.

POURTANT NOUS ESPÉRIONS ENCORE

Il y avait peu de pain,
beaucoup de bouches,
nous n’étions jamais rassasiés;
et l’ange descendait souvent
pour réclamer
sa part –
bref, les temps
étaient durs,
pourtant nous espérions encore.

NOUS LES AUTRES

À l’aube du Réveillon
Maria, la bouche pleine de sang,
ouvre la porte et se perd dans la neige
nous, les autres, infortunée Maria ,
la nouvelle année nous trouvera ici.

AVANT Lʼ EXTINCTION DES FEUX

Avant l’extinction des feux,
Vassilis
joue à nouveau de lʼharmonica
forêts armées et bandiera rossa
et nessun maggior dolore ,
que la mémoire qui persiste à marcher
mon compagnon dʼexil Florentin.

COMMENT VIVRE

Je ne fais rien toute la journée,
je m’endors de bonne heure le soir
et me réveille, au matin, épuisé ;
et comment vivre
comment mourir
en lisant les journaux du dimanche,
bon père de famille,
dans une maison avec cour et puits,
vingt ans après ses trente-trois ans.

SAINT-JUST
À Vanguèlis Kassos

Souviens-toi aussi
de la salle de réception de la Fondation philanthropique,
ce dimanche matin de janvier
où il fut déclaré Très-Honorable et Miséricordieux
et lui, en descendant de lʼestrade,
avec son gilet violet et son immense cravate,
il a fait une révérence, a serré des mains,
et sʼest assis à sa place,
dʼavance préparée,
avec ses enfants, ses petits-enfants,
et avec la prophétie qui le voulait
glaive et gloire de la Convention.

Je parle de Saint-Just, qui nʼa pas eu le sort,
comme toi,
à vingt-sept ans ou même plus tard,
comme toi,
avec ses yeux dʼun bleu profond,
de monter à la guillotine.

CHARLOTTE CORDAY
À Elsa Liaropoulou

Et pense à aider Charlotte Corday,
de comprendre enfin
quʼelle ne peut pas remettre éternellement
en cherchant le couteau adéquat ;
de toute façon, quel que soit le couteau quʼelle choisisse,
la charrette sʼest déjà mise à rouler
et dans ses beaux cheveux tournoient
du destin les vents antépénultièmes.

CES JOURS-LA

Tant dʼ années ont passé,
pourtant je me souviens encore
de ce jour sur le pont ;
un vent doux soufflait
et toi, penchée sur moi,
tu chantais,
mon étoile et ma lune;
puis le vent a enflé
et soudain nous nous sommes mis à voler,
nous volions bas,
au-dessus des toits,
au-dessus des arbres,
nous volions, nous volions;
ainsi étaient ces jours-là
pleins de petits miracles successifs.

COMME LA CIGALE

Je veux te mettre dans le poème
mais tu résistes ;
je ferme les portes,
tu sors par la fenêtre,
je clos les fenêtres,
tu sautes par la lucarne,
tu montes sur le figuier
et marches sur le noyer* ;

Comme la cigale
qui croit lʼété éternel.

* «tu montes sur le figuier et marches sur le noyer» : couplet de comptine dʼ enfants.

RAPPELLE-TOI

Rappelle-toi, la petite Filitsa
aux Quatre Saisons,
qui était belle
et sucrée comme une cerise;
où peut-elle se trouver,
comment va-t-elle,
et qui donc, ah, le premier lʼa embrassée ?

MAGDA

De Magda,
qui ondule sur le sable,
avec sa poitrine
de jasmin et de rose,
je suis loin dʼun quart de siècle ;
mais ce nʼest pas cela,
cʼest que jʼai laissé les années passer
et que la nuit qui se tient devant moi est sans lune.

SEULES LES FEMMES

Depuis les jours de Varnalis
jusquʼaux jours et nuits de Gorpas
beaucoup de choses ont changé ;
les damnés de la terre ne rugissent plus,
le crottin de cheval et le pêcher ont été banis
et le vin nʼest plus parfum et envol et écume ;
seules les femmes,
ah, les femmes, pauvre Thomas,
plus le temps passe, plus les femmes sont belles,
et plus fascistes
et, ce qui est normal,
nous torturent plus encore.

LA CHANSON
DE VALIA ET DU LOUP

Un loup, tous les soirs,
me téléphone,
il dit quʼil est sauvage,
et quʼil va me manger.

– Loup, le loup* qui erres
seul dans la neige,
ma mère est avec moi
Je ne suis pas seule.

Un loup, tous les soirs,
me téléphone,
il me dit des contes
et me chante des chansons.

– Loup, le loup je ne crois pas
tout ce que tu me dis
je sais que tu es seul
et que le soir tu pleures.

* «Loup, le loup» : couplet de comptine dʼenfants

LE SOIR, IL Y A

Le soir, il y a des bruits qui mʼeffraient,
quelque chose comme des vitres qui grincent,
quelque chose comme des planchers qui se contractent
mais où le dire
à qui parler,
cʼest pour cela que jʼécris ces poèmes misérables
c’est pour cela que la nuit, vous pouvez voir,
à mes fenêtres, les lumières qui clignotent.

QUATRE
DES SEPT POEMES

POUR MARIAng>LE NŒUD GORDIEN

Autrefois, oui, moi aussi je croyais
que le nœud quʼon appelle gordien
est inextricable
et que seule lʼépée du conquérant macédonien
peut le défaire ;

Cʼest peut-être ainsi, ma petite Maria, peut-être autrement,
mais maintenant tu sais
par ta propre pensée et tes larmes
que ni lʼ épée, seule, du conquérant macédonien
ni aucune autre épée, aucun poignard
ce nœud qui nous monte à la gorge,
quand les bateaux sifflent sur le port,
notre nœud à nous,
ne peut le défaire.

EN CE DEBUT DE PRINTEMPS

Dans ce jardin les amis fleurissaient,
buvaient du vin et croisaient le fer
avec le Marquis, avec Rosa, avec la mort.

Les amis sont partis, le Marquis a été brisé,
Rosa de nouveau à la roue
et mon jardin est toujours à la même place.

Je le vois maintenant, en ce début de printemps,
tandis que les années et le temps donnent lʼassaut
et, le pire, je lʼécris.

Il en fut ainsi et il en sera toujours ainsi,
ma petite Maria,
avec le Marquis, avec Rosa, avec la mort.

Et malheur à celui
qui nʼa plus de patrie désormais
qui erre à travers des stéréotypes, sous des cieux étrangers.

MON JARDIN

Je construis la treille et étends mon jasmin
pour quʼau printemps les hirondelles
viennent y faire leur nid.

Je chaule mes clôtures et taille la belle de nuit
pour que brille le soleil à midi
et que viennent les rossignols à minuit.

Il en fut ainsi et il en sera ainsi, ma petite Maria,
et tiens bon la corde,
dʼautre miséricorde il nʼy a pas.

CRÉPUSCULE

Le soleil tourne, le ciel descend,
le jour s’achève ;
j’aime Maria,
que pouvais-je attendre dʼautre.

LE MOMENT ARRIVE

Esquisses dʼun poème plus long

Mon père était absent,
ma mère travaillait
et la nuit notre maison prenait lʼeau
cʼest ainsi quʼenfant déjà
j’ai appris à prédire l’avenir.

Le moment arrive, il est déjà là
où la lumière du printemps
illuminera septembre
et ce sera comme une blessure qui s’envenime
et tu sais qu’il n’y a plus de salut possible.

Ils reviennent et frappent à la porte
et nous n’avons pas de porte
et seulement Ils parlaient de toi
comme si tu étais mort
les chambres résonnent.

Tu te retournes encore
sans revenir en arrière
et tu me dis Prends garde
je les ai vus allumer des feux dans la forêt
et tout disparaît.

Maintenant que tout est fini, souviens-toi
car tu n’as plus que la mémoire
et contemple encore la mer encerclée de partout
tu nʼas pas dʼautre pièce de monnaie, seule ta mémoire,
pour passer à la rive dʼen face.

La mer,
il ne restera que la mer
et le jasmin
à fleurir la nuit, désespéré.

LA VIE IRREPREHENSIBLE

LA PAROLE
ET LʼACCOMPLISSEMENT DE LEUCOTHEE

I

Les belles jacinthes dans le vase
me rappellent
la Leucothée du bureau maritime –
elle venait chaque samedi soir,
parfois aussi le dimanche matin,
elle enlevait ses vêtements,
ses bagues et sa croix;
alors, fleurs et parfums emplissaient
toute la chambre,
que dis-je, la chambre,
toute la maison,
que dis-je, la maison,
tout le pâté de maisons du 324,
et même plus loin
jusquʼau carrefour et jusquʼà la chapelle de la Vierge
et jusquʼà ma vie qui est empoisonnée.

II

Leucothée
aimait le lit dur,
ainsi, disait-elle,
on vit dans sa chair et dans son sang
le mouvement de la matière
vers la divinisation.
Le bois accouche gonflé de sève, disait-elle,
et se fait vaisseau qui prend le large
accompagné par les oiseaux du ciel,
tantôt bien haut, tantôt dans le fond,
au milieu des vagues de la mer, disait-elle,
une nuée lumineuse l’ attrape
et quand on pense quʼil sʼest perdu, quʼil nʼest plus,
grande clarté dans la Voie lactée,
il revient à flots et poursuit sa route.

Cela et dʼautres choses étaient les sentences de Leucothée
avant que nous ne devenions
mer et soleil
et jasmin de la nuit.

III

Lumière la plus desirable, Leucothée
à d’ autres degrés d’ élévation
irradie désormais –

elle met le feu
et les vaisseaux se consument
et, ah, que notre vie est courte
et sans fêtes.

JE TE VOIS

Je te vois et il me semble que cʼest un mensonge,
une illusion,un mirage,
dans un hôtel bon marché,
la nuit,
Toulouse – Lautrec ou ange du Seigneur
ou de ma vie
lʼ ultime oracle?

JE CONNAIS TES YEUX

Je connais tes yeux,
je connais tes lèvres, je connais tes cheveux,
je connais la petite cicatrice
que la foudre en partant a laissée
en dʼautres mots,
je vole à nouveau sur des ailes de vent,
je marche à nouveau sur les vagues de la mer,
j’insuffle à nouveau le sang dans mes veines
et je t’aime.

PALIMPSESTE

Encore une fois dans la rue
aux pins et aux lauriers-rose,
dans le même décor palimpseste,
toi, critique impitoyable
et moi, comédien maladroit
qui ne connaît pas son rôle
trébuche, tombe
et se débat en vain
pour articuler son texte.

LE COQUILLAGE

En tirant le lit
avant-hier
j’ai trouvé ton petit peigne
tel un coquillage
que la mer, se retirant,
aurait laissé sur la grève.
Et je pense
ah, il en est ainsi, Seigneur, toujours,
la plus infinie des mers
finit dans un poème dʼeau saumâtre.